Une serrure s’ouvre par alignement : les dents de la clé poussent chaque goupille du cylindre à une hauteur précise, et quand toutes sont à la bonne hauteur, le rotor tourne et entraîne le pêne. Les cylindres de porte courants sont à cinq goupilles, comme le V5 de Vachette, décrit par son fabricant comme un « système 5 goupilles » (fiche produit relevée le 8 septembre 2026). Une clé compte quatre parties, l’anneau, l’embase, la tige et le panneton : c’est le panneton qui porte le code, donc qui décide si votre double se taille en boutique ou se fabrique en usine.
Comment fonctionne une serrure, en quatre étapes
Le mécanisme tient en quatre gestes, identiques sur un cylindre à goupilles.
- La clé entre dans le rotor, la partie mobile du cylindre. Le chemin de clé, son profil intérieur, n’accepte que les clés de la bonne forme.
- Les dents poussent les goupilles. Chaque dent relève une goupille de code, qui pousse une contre-goupille maintenue par un ressort.
- Les goupilles s’alignent sur la ligne de cisaillement, le plan qui sépare le rotor du stator. Si une seule dépasse, le rotor reste bloqué.
- Le rotor entraîne le pêne, qu’il pousse dans la gâche ou qu’il en retire.
Plus une clé porte de dents, plus les combinaisons sont nombreuses et plus la copie exige de précision. Vachette annonce « 15 000 variations en varié avec clé en acier » sur son V5, et « jusqu’à 23 goupilles multidirectionnelles » sur son cylindre VIP+ en organigramme complexe. Les serrures de véhicule suivent une autre logique, traitée dans comment fonctionnent les serrures des automobiles.
Anatomie d’une clé : anneau, embase, tige, panneton
Une clé compte quatre parties nommées, et une seule complique la reproduction. Le mot vient du latin clavis, le loquet, la barre, et les deux orthographes clé et clef sont admises. Le métal, lui, dépend de la version : Vachette annonce sur son cylindre V5 une « clé en alliage maillechort », un alliage de cuivre, de zinc et de nickel, pour la version sur organigramme, et une « clé en acier » pour la version en varié.
| Pièce | Rôle | Autres noms | Reproduction |
|---|---|---|---|
| Anneau | Se tient en main | Tête, anse | Aucune influence |
| Embase | Butée contre le cylindre | Boucle, collerette | Aucune influence |
| Tige | Entre dans le cylindre | Lame, corps | Fixe le profil accepté |
| Panneton | Actionne le mécanisme | Dents, crans | Déterminante : le code |
| Chemin de clé | Rainure de la tige | Profil, rainurage | Déterminante : l’ébauche |
| Numéro gravé | Référence du modèle | Marquage fabricant | Déterminante si clé protégée |
Le panneton est simple quand il est taillé d’un seul côté de la tige, double quand il l’est des deux. Sur une clé de sécurité, le numéro gravé renvoie au plan du fabricant et dit si la copie est autorisée : identifier la marque de votre clé et son modèle exact est donc le premier geste.
Anatomie d’une serrure : du cylindre à la gâche
Une serrure de porte réunit douze pièces nommées, du cylindre qui reçoit la clé à la gâche qui reçoit le pêne. Quatre d’entre elles portent le codage et ne se voient jamais sans démonter le cylindre : la goupille de code, la contre-goupille, son ressort et la ligne de cisaillement.
| Pièce | Rôle | Autres noms | Visible ? |
|---|---|---|---|
| Cylindre | Reçoit la clé | Barillet, canon | Oui, sa façade |
| Rotor | Tourne avec la clé | Noyau | Oui, le trou de clé |
| Stator | Corps fixe du cylindre | Chemise | Partiellement |
| Goupille de code | Relevée par une dent | Piston | Non |
| Contre-goupille | Bloque le rotor | Goupille haute | Non |
| Ressort | Ramène la contre-goupille | Ressort de goupille | Non |
| Ligne de cisaillement | Sépare rotor et stator | Ligne de césure | Non |
| Pêne dormant | Verrouille, à la clé | Verrou | Porte ouverte |
| Pêne demi-tour | Maintient fermé, à la poignée | Bec-de-cane | Porte ouverte |
| Gâche | Reçoit le pêne | Plaque de gâche | Porte ouverte |
| Têtière | Plaque traversée par les pênes | Têtière filante | Porte ouverte |
| Coffre | Abrite le mécanisme | Corps de serrure | Non, encastré |
La gâche est fixée au chambranle, pas à la porte : c’est elle qui retient le pêne, et un cadre faible annule le meilleur des cylindres.
Barillet, cylindre, canon : est-ce la même chose ?
Oui. Les trois mots désignent le même organe, celui dans lequel vous insérez la clé. « Cylindre » est le terme des fabricants et des catalogues, « barillet » et « canon » les usages courants, y compris chez les professionnels. Un serrurier qui propose de changer le barillet parle donc du cylindre, la pièce qui se remplace sans toucher au coffre. À chaque cylindre correspond un jeu de clés : c’est ce qui explique le conseil habituel après un vol, remplacer le cylindre plutôt que refaire un double.
Pêne dormant et pêne demi-tour : la différence en une phrase
Le pêne dormant se commande à la clé et verrouille la porte ; le pêne demi-tour se commande à la poignée et se contente de la maintenir fermée. Le second, biseauté et monté sur ressort, s’escamote au claquement de la porte. Quand une clé bloque en sortant, voir que faire lorsqu’une clé reste coincée dans la serrure.
Les grandes familles de serrures et de cylindres
Six familles de serrures et de cylindres se rencontrent dans un logement ou un immeuble, et la famille se lit sur la clé plus facilement que sur la serrure.
| Type de serrure ou de cylindre | Comment la reconnaître | Clé associée |
|---|---|---|
| À goupilles, dite américaine | Trou de clé en fente, clé à plat | Clé plate, ou clé à trous |
| À disques rotatifs | Mécanisme sans goupille ni ressort | Clé propre au fabricant du cylindre |
| À pompe | Trou de clé rond | Clé à pompe, tige crantée en bout |
| À gorges | Serrure ancienne, souvent en applique | Clé à gorge, panneton découpé |
| Multipoints | Têtière filante, plusieurs pênes | Clé unique pour tous les points |
| Électronique ou connectée | Lecteur ou clavier en façade | Badge, code, ou clé mécanique de secours selon le modèle |
La ligne des disques rotatifs vient du fabricant lui-même : Abloy écrit sur sa page cylindres que « All ABLOY locks are based on the unique operating principle of rotating detainer discs. With no springs or pins to wear, jam or freeze » (page cylindres, relevé du 8 septembre 2026). Pour identifier la vôtre en photo : les différents types de clés et leur reproduction.
Serrure 1, 3 ou 9 points : ce que change le nombre de points d’ancrage
Un point d’ancrage est un endroit où la porte se verrouille dans son cadre : une serrure de logement en compte un, trois, ou davantage sur un bloc-porte blindé. Une serrure à un point tient par le seul pêne dormant, au niveau de la poignée. Une serrure trois points ajoute un verrouillage haut et un verrouillage bas, reliés au coffre central par un tringlage caché dans la têtière.
Le certificat de la serrure en donne la description exacte : l’annexe au certificat A2P n° 4.182, publiée sur cnpp.com, décrit une serrure ASSA ABLOY 6370 comme une « Serrure 3 points têtière filante ( 2 pênes basculants + pêne dormant) + pêne 1/2 tour », classée « classe 1* ». Les blocs-portes blindés montent plus haut : Picard Serrures annonce sur sa porte Diamant 30 un « Nombre de points de fermeture 9 » pour un « Nombre de tours de clé 1 ». Un seul tour de clé commande donc les neuf points : sur ce type de porte, tout dépend d’une seule clé.
Niveaux de sécurité : ce que veut dire une certification A2P
La certification A2P se lit sur trois échelles distinctes dans une porte de logement : la serrure, le cylindre et le bloc-porte complet, chacune avec sa propre mention. Une serrure trois étoiles et une porte BP3 ne qualifient donc pas le même objet. Vachette présente sa version certifiée comme « disponible en version A2P*(1) pour une résistance accrue à l’effraction ». Les durées de résistance parfois associées à chaque niveau ne figurent pas ici, faute de document du certificateur qui les publie.
| Mention lue sur le produit | Ce qu’elle qualifie | Exemple relevé chez un fabricant |
|---|---|---|
| A2P une, deux ou trois étoiles | La serrure elle-même | « classe 1* », annexe au certificat A2P 4.182 (ASSA ABLOY 6370) |
| A2P une étoile sur un cylindre | Le cylindre seul | « A2P* en option (1 étoile côté extérieur) » (Vachette VIP+) |
| A2P BP1, BP2 ou BP3 | Le bloc-porte complet | « résistance A2P BP3 » (Picard, Diamant 30) |
| Aucune mention A2P | Produit non certifié A2P, la certification étant volontaire | Sans objet |
La certification est une chose, la protection de la clé une autre. Vachette annonce sur son VIP+ une « Clé brevetée avec nouveau design » et une livraison « avec carte de propriété ou certificat de sécurité interdisant toute reproduction illicite ». C’est ce document, et non l’étoile, qui décide de la reproduction. Pour vérifier la vôtre, voir savoir si votre clé est protégée.
Quelles clés peut-on faire reproduire, et où
Le panneton de la clé départage quatre cas.
Cette page est publiée par SecurClés, service de reproduction de clés en ligne. Aucun tarif de professionnel tiers n’y est chiffré : ces tarifs sont libres et s’obtiennent sur place.
- Clé plate à panneton simple. Elle se taille sur une machine de série, en clé minute ou chez un cordonnier équipé, en quelques minutes.
- Clé à trous ou radiale non protégée. L’ébauche est plus rare et la découpe plus fine : le professionnel la commande, ou la commande passe en ligne.
- Clé protégée par un brevet. Le double passe par le fabricant, sur présentation de la carte de propriété. Le fabricant n’autorise aucun professionnel de son réseau à le faire sans elle.
- Clé de véhicule. Elle contient une puce à programmer sur le véhicule, ce qui la sort de la serrurerie de bâtiment.
Chez SecurClés, le double se commande depuis l’application à partir d’une photo de la clé, et la carte de propriété reste obligatoire pour les clés de sécurité. Une clé coûte à partir de 5,90 €, hors auto et moto. Le prix exact dépend du modèle et vous est indiqué dans l’application, avant le paiement. Les fourchettes par type et par marque figurent dans combien coûte un double de clé.
Prix « à partir de 5,90 € » affiché par SecurClés sur sa page d’accueil, relevé du 8 septembre 2026, hors promotion et hors frais de livraison, qui ne constitue pas une offre de vente. Seuls le prix et le délai affichés dans l’application SecurClés au moment de la commande engagent SecurClés (conditions générales de vente). Les tarifs des professionnels de proximité sont libres et n’engagent qu’eux.
Glossaire de la serrurerie
Carte de propriété. Carton nominatif remis avec une serrure de sécurité. Sans elle, le fabricant refuse la copie.
Chemin de clé. Rainure de la tige, et son négatif dans le rotor. Interdit l’entrée d’un autre profil.
Contre-goupille. Goupille haute poussée par un ressort. Bloque le rotor tant que le code est faux.
Ébauche. Clé vierge au bon profil, dans laquelle le professionnel taille le code de votre clé.
Embase. Partie de la clé qui sépare l’anneau de la tige et sert de butée.
Gâche. Pièce fixée au chambranle, qui reçoit le pêne. Sa solidité compte autant que la serrure.
Goupille de code. Cylindre mobile relevé par une dent de la clé. Cinq sur un cylindre courant.
Ligne de cisaillement. Plan séparant rotor et stator. Le rotor tourne si toutes les goupilles s’y arrêtent.
Organigramme. Plan de clés hiérarchisé, du simple accès au passe général : voir les organigrammes de clés.
Panneton. Partie taillée de la clé, qui actionne le mécanisme. Le code, et le plus délicat à reproduire.
Pêne. Tige qui sort de la têtière pour entrer dans la gâche. Dormant à la clé, demi-tour à la poignée.
Rotor. Partie mobile du cylindre, entraînée par la clé. Appelé aussi le noyau.
Stator. Corps fixe du cylindre. Vachette décrit un « stator monobloc en laiton massif » sur son V5.
Têtière. Plaque visible sur la tranche de la porte, traversée par les pênes.
Variure. Combinaison de hauteurs de goupilles propre à un cylindre. Vachette annonce « 15 000 variations en varié » sur son V5.
A2P. Certification de résistance à l’effraction du CNPP, en étoiles pour une serrure, en BP1 à BP3 pour un bloc-porte.
Questions fréquentes
Comment s’appellent les différentes parties d’une clé ?
Quatre parties, de la main vers la serrure : l’anneau, que l’on tient ; l’embase, qui sert de butée ; la tige, qui entre dans le cylindre ; le panneton, la partie taillée qui actionne le mécanisme et porte le code.
Quelle différence entre un cylindre, un barillet et un canon ?
Aucune différence : les trois mots désignent le même organe, celui qui reçoit la clé. « Cylindre » est le terme des fabricants et des catalogues, « barillet » et « canon » les usages courants. Un devis qui parle de barillet parle donc du cylindre.
Comment fonctionne une serrure à 3 points ?
Une seule clé commande trois verrouillages, en haut, au milieu et en bas de la porte, reliés par un tringlage logé dans la têtière. Le CNPP décrit ainsi une serrure trois points certifiée : « 2 pênes basculants + pêne dormant », plus le « pêne 1/2 tour » de la poignée.
À quoi servent le pêne dormant et le pêne demi-tour ?
Le pêne dormant verrouille la porte et se commande à la clé ; le pêne demi-tour la maintient seulement fermée et se commande à la poignée. Une porte tirée sans tour de clé ne repose donc que sur le pêne demi-tour.
Comment savoir combien de goupilles a ma serrure ?
Comptez les dents ou les creux du panneton de votre clé : à chaque dent correspond une goupille. Un cylindre de porte courant en compte cinq, comme le V5 de Vachette, décrit par son fabricant comme un « système 5 goupilles ».
Après un vol de clés, faut-il changer le cylindre ou refaire un double ?
Le critère est le risque d’identification de votre domicile : si les clés étaient accompagnées d’un papier portant votre adresse, le cylindre se remplace. Sinon, un double suffit souvent. Les démarches sont listées dans vol ou perte : la première chose à faire. SecurClés reproduit la clé, mais n’intervient pas sur la serrure.



